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Pak Umar 1928 - 2011

sam, 10/15/2011 - 10:55 -- admin

L'Association franco indonésienne Pasar Malam a l'immense tristesse de faire part du décès de Umar Said, que nous avions l'habitude d'appeler avec respect et tendresse Pak Umar (Monsieur Umar), survenu vendredi 7 octobre en fin de soirée à l'hôpital.

Pak Umar

photo©Wilma Margono

Nous venions de l’élire président de Pasar Malam, la mort nous l’a pris.

Pak Umar, né le 26 octobre 1928, récemment élu président de l'association, fut un lutteur infatigable pour la liberté du peuple indonésien, pour la démocratie, l'universalité des droits de l'homme et des peuples.

Combattant de l'indépendance dès les premières heures dans les années quarante en Indonésie, il représente en septembre1965, l'Indonésie au Congrès de l’Association Internationale des Journalistes afro-asiatiques au Chili. Il échappe ainsi au massacre déclenché en Indonésie par le coup d'Etat anticommuniste de Suharto du 30 septembre 1965. 
Après une vie mouvementée, faite de luttes et d'exil, Pak Umar, victime du régime dictatorial, se retrouve en France, séparé de force de sa famille pendant de longues années.

Il consacre son infatigable énergie à la solidarité envers ses compatriotes persécutés par la dictature de Suharto. Ainsi, il contribue de manière décisive à la fondation de la SCOP restaurant Indonesia qui permit à de nombreux exilés politiques indonésiens de survivre à Paris. 
Le 24 janvier 2011, Umar Said, a reçu la Médaille de la Ville de Paris des mains de Christian Sautter en présence de nombreux amis et personnalités venus des quatre coins d'Europe.

Homme ouvert, généreux, amical, chaleureux, il nous manquera.
Nos pensées vont à sa famille, Ninon, son épouse, ses deux fils Iwan et Budi.

Pak Umar tenait un blog, en indonésien : annabelle.aumars.perso.sfr.fr

Un article lui est consacré dans Le Banian, numéro 11, spécial "Indonésie : pionniers des temps modernes, les explorateurs de leur époque".

Sita Satoeti & Robert Aarsse

Sita Satoeti & Robert Aarsse

14 octobre 2011, funérailles de Umar Said
Discours de Robert Aarsse, président ad intérim de Pasar Malam :

Chère Ninon,
Chers Yann & Budi
Chèrs membres de la famille Aumars
Chers toutes et tous

Alberto, ou Nico, ou Umar, ou André …

Pas aisé de dire en quelques phrases ce que tu as été pour nous au Pasar Malam ou pour Gap, mon épouse et moi personnellement.

La conscience comment il faut appréhender le monde et les gens qui y habitent ? Oui, mais plus que ça.

Tu as été membre de Pasar Malam dès sa fondation en 2001. Je sais que sa présidente d’alors, Johanna Lederer, s’est souvent tournée vers toi pour une recherche de solution ou d'encouragement quand elle se trouvait devant un problème qui paraissait insurmontable. Tu fus toujours là.

Tu as été "membre d'honneur" pour terminer Président de Pasar Malam. 
Trop court.

Johanna Lederer m'a récemment confié : "Comme beaucoup de membres de Pasar Malam, j'ai fait la connaissance de Pak Umar en 1999 à l'occasion de la venue de Pramoedya à Paris. Depuis Pak Umar est devenu ma famille, l'autre, celle enfouie dans mon cœur : l'originelle, l'ancienne, insaisissable et tangible à la fois. Déracinée, je cherchais et j'ai trouvé chez lui le lien avec la terre de mes origines. Je croyais cette attache indestructible. Me voilà orpheline. "

Pour beaucoup d'entre nous ces mots reflètent cette perte irrémédiable, définitive. Un chapitre se ferme, à jamais.

Je me souviens, Pak, de notre première rencontre, il y a trente-cinq ans, moi, président du Comité Indonésie français, toi, officiellement réfugié indonésien venant de Chine, et seuls quelques initiés étaient, à peu près au courant de tes pérégrinations après le Coup d’État du 30 Septembre 1965 en Indonésie.

T’en as vu du pays ! Et de toutes les couleurs ! Politiques et autres. Mais ta discrétion ne t’a jamais abandonné, jamais un mot dur pour ceux qui t’ont poursuivi pendant pas mal d’années, là-bas où l’Occident investit à tour de bras.

Arrivé en France, gardien de nuit, et pendant le jour, discret ambassadeur de ton pays en France, le vrai et l'unique à cette époque à mon avis, ambassadeur de tes opinions humaines, profondes en souvenir du Parti aujourd’hui encore interdit en Indonésie, à qui tu as donné tant. Après notre première rencontre donc, nous avons collaboré ensemble. Avec Gap, tu as travaillé pour que l’Indonésie fasse partie d’un Salon de la Jeune Peinture. Tu m’as permis de publier dans le Monde Diplomatique un article critique sur l’Indonésie de 1976. Avec un grand sourire je me rappelle aussi nos discussions serrées, toi l’Indonésien, moi le Belanda de service. Ton aide en me fournissant des info quand je travaillais à Amnesty International, ici à Paris.

La cerise de tout cela a été la réunion après ma soutenance de thèse chez nous, au sixième étage où tu venais souvent discuter, manger et rencontrer un tel ou un tel. Nous sommes juin 1976. Tu avais emmené un jeune homme, un certain José Ramos Horta, ambassadeur itinérant de Fretilin, un mouvement de libération nouvellement arrivé sur la scène politique internationale après l’occupation manu militari par le régime Suharto de cette ancienne colonie portugaise, Timor-Leste.
Il y avait également le professeur Wertheim, grand spécialiste de l’Indonésie aux Pays Bas, et l’âme, la conscience et le moteur du Comité Indonésie néerlandais. Tous les trois, vous vous êtes enfermés, un verre à la main, dans la chambre de mon fils, assez longtemps. Quand vous êtes sortis, j’ai dit "La politique pro Fretilin est faite!"

Le lendemain, je commençais à travailler aux Affaires Étrangères néerlandaises à La Haye, et cette politique a été ma ligne de conduite et je dois dire en grande partie celle des Pays-Bas.

Puis, tu nous as donné l’adresse de ta femme et de tes fils à Jakarta. Que nous avons vus en août 1978 lors d’un grand voyage à travers l’Indonésie. Avec Budi, ton fils puiné, nous avons pris un petit bateau et visité le port, et bien entendu, avons été renvoyés car nous "étions trop curieux" selon la police.

Les retrouvailles quand Gap et moi sommes rentrés à Paris, là, en 2006, sans jamais être postés à Jakarta, et pour cause…

Le restaurant, la médaille de la ville de Paris, ton blog … mais d’autres en parleront.

Juste ces quelques mots pour mettre en lumière ton infatigable esprit curieux et fin, ton courage, ta ténacité, pour faire triompher, en Indonésie, la liberté et la justice, dans le sens noble des termes.

Il y a divers livres et objets dans notre bibliothèque qui rappellent notre amitié, notre camaraderie, notre lutte commune et nos rires qui accompagnaient tout cela. 
C’est dur de mettre cela au passé.

Tu étais président de notre association Pasar Malam, je reprends le flambeau. 
Terima kasih banyak Pak Umar!

---

Dear Ninon,
Dear Yann & Budi
Dear members of Aumar's family
Dear all and everyone

Alberto, or Nico, or Umar, or Andre ...
Not easy to say in a few sentences what you have been for us, to Pasar Malam, Gap, my French wife, and me personally.

Consciousness, how to understand the world and the people who live there? 
Yes, but more than that. You were a member of Pasar Malam from the beginning when it was founded in 2001. I know that the then-chairperson, Johanna Lederer, often turned to you for a solution or an encouragement when she was faced with a problem she thought was insurmountable. You were always there for her.

You were a "honorary member" and became Chairman of Pasar Malam.
For too short a time.

Johanna Lederer recently told me: "Likewise many members of Pasar Malam, I met Pak Umar in 1999 when Pramoedya came to Paris. From that moment on Pak Umar became my family. The other one, the one that is buried deep in my heart: the original, the ancient one, elusive and visible at the same time. Uprooted as I was, I sought and found in him the link with the land of my origins. I thought this link indestructible. Yet here I am: an orphan. "

For many of us these words reflect that loss, irreparable, final. A chapter closing, for ever.

I remember, Pak, our first meeting, some thirty-five years ago, I, Chairman of the French committee for Indonesia, you, officially an Indonesian refugee from China, only a few insiders knew more or less about your wanderings throughout the world after the coup of September 30, 1965 in Indonesia.

So many countries that you have you been "visiting"!! Of all kinds, politically and otherwise! But you never gave up your solicitude, your kindness. You never had a harsh word for those who continued to hunt you down for quite a few years more, in that faraway country where nowadays the Western world invests intensely.

Arrival in France : a night watchman, but during the day a discreet ambassador of your country in France In my opinion, the true and only one at that time, you were an ambassador of your own human opinions, wise, mindful of the Party still banned today in Indonesia and to which you had given so much. So after our first meeting, we worked together. With Gap, my wife, you worked for Indonesian painters to be present at the Salon de la Jeune Peinture. You allowed me to publish in 1976, in the newspaper "Le Monde Diplomatique", a critical article on Indonesia. With a big smile I also think of our intense discussions, you the Indonesian, me the Belanda. I remember your help in providing me with information when I worked at Amnesty International, here in Paris.

One of the nice things of these meetings happened right after my thesis, at my home, on the sixth floor where you would often discuss, eat and meet with many people.
We are in June 1976. You had taken a young man with you, a certain Jose Ramos Horta, the goodwill Ambassador for FRETLIN, a liberation movement that had recently arrived on the international political scene after the occupation by force by the Suharto regime in the former Portuguese colony, Timor-Leste. There was also Professor Wertheim, an expert on Indonesia, who embodied the consciousness and the engine of the Dutch Indonesia Committee. The three of you, a glass in hand, retired within the room of my son. For a long enough time. When you came out, I said "Well, pro FRETLIN politics are on the move now!" The next day I started working for the ministry of Foreign Affairs in The Hague, Netherlands, and this policy has been my line and I must say that of the Netherlands too.

Then you gave us the address of your wife Ninon and your sons in Jakarta. We met them in August 1978 during a visit to Indonesia. With Budi, your youngest son, we took a small boat and visited the port, and of course, we were dismissed because "too curious and nosey" the police said.

The re union with you, when Gap and I returned to Paris, in 2006, without ever having been posted in Jakarta! We know why ...

The restaurant, the badge of honor from the city of Paris, the blog ... but others will speak of it.

Just a few words to highlight your tireless curiosity and purpose, your courage, your tenacity to have freedom and justice -in the noble sense of the words- triumph in Indonesia.

There are various books and articles in our library that recall our friendship, our friendship, our common struggle and our laughter that accompanied it all.
It's hard to put this in the past.

You were president of our association; I'll try to carry on the banner of Pasar Malam.
Terima kasih banyak Pak Umar !

---

Yang tercinta Ninon,
Yang tercinta Yann & Budi
Yang tercinta seluruh anggota keluarga Aumars
Yang tercinta Bapak-bapak dan Ibu-ibu sekalian

Alberto, atau Nico, atau Umar, atau André …

Tidak mudah mengatakan dengan beberapa kalimat siapa dirimu bagi kami atau Pasar malam atau untuk Gap, istriku dan saya pribadi.

Kesadaran bagaimana harus memahami dunia dan orang-orang yzng tinggal di dalamnya? Ya, tapi lebih dari itu. Kamu adalah anggota Pasar Malam sejak berdirinya tahun 2001. Saya tahu bahwan ketuanya, Johanna Lederer, sering berpaling padamu untuk mencari solusi atau dukungan saat menemui masalah yang tampaknya tidak bisa diatasi. Kamu selalu ada di sampingnya.

Kamu adalah "anggota kehormatan " dan mengakhirinya sebagai ketua Pasar Malam.
Trop court.

Johanna Lederer baru-baru ini mempercayakan pada saya : "Seperti banyak anggota Pasar Malam, saya mengenal Pak Umar pada tahun 1999 ketika Pramoedya berada di Paris. Sejak itu Pak Umar menjadi keluarga saya, lainnya, yang berada dalam lubik hati saya adalah: asli, sejak dulu, tak bisa dienyahkan dan sekaligus nyata. Tercerabut dari akarnya, saya mencari dan saya menemukan padanya hubungan dengan tanah kelahiran saya. Saya percaya bahwa keterikatan ini tak bisa dihiklangkan. Demikianlah, saya sekarang anak yatim. "

Untuk banyak di antara kita kata-kata ini mencerminkan kehilangan yang tak terobati . Sebuah bagian yang tak pernah tertutup.

Saya ingat, Pak, dari pertemuan pertama kita, 35 tahun yang silam, saya, ketua komite Indonesia Prancis, dan kamu, secara resmi adalah pelarian politik Indonesia yang datang dari Cina, dan hanya beberapa orang saja yang, sedikit memahami tentang pengelanaanmu setelah kudeta tanggal 30 Septembre 1965 di Indonesia.

Kamu telah melihat semuanya dari negeri ini! Dengan segala warnanya! Politik dan juga hal-hal lainnya. Tapi kamu tetap saja bijaksana, tak pernah sekalipun kamu mengeluarkan kata-kata kasar pada mereka yang telah mengejarmu selama waktu yang cukup lama, di sana di mana negara barat terlibat nyata.

Tiba di prancis, penjaga malam, dan siangnya, duta besar tak tampak dari negerimu di Prancis, duta besar yang sesungguhnya dan unik pada jaman itu menurutku, duta besar opini-opini kemanusiaanmu, kenang-kenangan yang mendalam dari partai yang sampai saat ini masih terlarang di Indonesia, di mana kamu memberikan tenagamu sepenuhnya. Setelah pertemuan kita pertama itu, kita selalu bekerja sama. Dengan Gap, kamu bekerja untuk Indonesia dalam Pameran para pelukis muda. Kamu mengijinkanku mempublikasikan di « Monde Diplomatique » sebuah artikel yang tajam tentang Indonesia tahun 1976. Dengan senyuman lebar saya ingat juga diskusi-diskusi kita yang mendalam , kamu orang Indonesia, saya seorang pegawai Belanda. Kamu membantu saya memberikan berbagai informasi saat saya bekerja di Amnesty International, di sini di Paris.

Keceriaan itu semua adalah saat pertemuan setelah ujian thesisku di rumlah kami, di lantai enamdi mana kamu sering datang berdiskusi, makan dan bertemu si ini maupun si itu.

Suatu hari pada bulan Juni 1976. Kamu datang mengajak seorang anak muda, si José Ramos Horta, duta besar keliling Fretilin, sebuah gerakan pembebasan, pendatang baru di panggung politik internasional setelah pendudukan militer oleh rezim Suharto pada bekas jajahan Portugis, Timor-Leste. Ada juga Wertheim, seorang spesialist besar Indonesia di Belanda, dan jiwa, kesdaran dan motor dari Komite Indonesia Belanda. Kalian bertiga, mengunci diri di kamar anak laki-laki kami, dengan gelas di tangan, cukup lama. Ketika kalian keluar, saya bilang « Politik pro Fretilin telah terlaksana! ». Keesokan harinya, saya mulai bekerja di departemen luar negeri Belanda di Den Haag, politik ini menjadi garis pedoman saya dan saya harus mengatakan bahwa itu adalah sebagian besar garis pedoman politik Belanda.

Lalu, kamu memberikan alamt istri danputra_putramu di Jakarta. Betapa kita melihat pada bulan Agustus 1978 ketika melakukan perjalanan besar di seluruh Indonesia. Dengan Budi, anak bungsumu, kami naik perahu kecil, dan mengunjungi pelabuhan, dan jelas, kami diusir karena kami « terlalu penasaran atau banyak tanya » menurut polisi.

Kita bertemu kembali ketika Gap dan saya pulang ke Paris, waktu itu 2006, tanpa pernah mendapat pos di Jakarta, dan jelas karena apa…

Restauran, medali, blog … tapi juga lain-lainnya.

Hanya beberapa patah kata untuk memperjelas semangatmu yang tak pernah padam, kamu yang tak pernah kenal lelah dan juga keberanianmu, kegigihanmu, agar kebebasan di Indonesia berjaya, kebebasan dan keadilan, dalam arti yang sesungguhnya.

Banyak buku dan barang-barang di perpustakaan kami yang mengingatkan pada persahabatan kita, pertemanan kita, perjuangan kita bersama dan gelak tawa kita yang mendampingi semua itu.
Berat untuk melupakannya.

Kamu adalah presiden asosiasi Pasar Malam kita, sekarang saya mengambil alih.
Terima kasih banyak Pak Umar!