De plus, il considère que la civilisation a un prix, compensé par les bénéfices de cette dernière. Tout d'abord, parlons de l'entrée de Maran dans l'administration coloniale. S'ensuit alors un passage de réflexion sur les blancs, exploiteurs étranges et inquiétants. II aurait fallu tout recommencer. Après quelques péripéties (Maran, devant être embauché le 23 décembre 1909, rate son bateau et ne prend ses fonctions qu'en février 1910. La vraie réussite de René Maran se situe sur ce plan. Il entre en classe de troisième au Grand Lycée de Bordeaux, expérience traumatisante le poussant encore plus à se renfermer sur lui-même. Le 15 décembre 1921, le prix Goncourt est attribué à Batouala. Or ne voilà-t-il pas qu'on forçait les nègres à participer à la sauvagerie des blancs, à aller se faire tuer pour eux, en des palabres lointaines ! Fnac : Batouala, René Maran, Albin Michel". De plus, Senghor affirme : « Après Batouala, on ne pourra plus faire vivre, travailler, aimer, pleurer, rire, parler les Nègres comme les Blancs. afrique. La France le veult ! Le territoire ainsi découvert est alors partagé entre la France et la Belgique de part et d'autre du fleuve, celui ci marquant la frontière entre les deux puissances coloniales. Résumé Premier roman nègre écrit par un nègre, en qui Léopold Sédar Senghor voyait un "précurseur de la négritude", récit d'une violence et d'une modernité extraordinaires, voici la complainte de Batouala, grand chef de tribu, vaillant chasseur et excellent marcheur. André Gide est l’un d’eux. Pour Bidou, Batouala a trouvé le succès plus grâce à un engouement pour le roman colonial que pour ses propres qualités littéraires. ... Batouala : Le Résumé Batouala, le mokoundji ou grand chef de tant de villages songe aux Ga’nzas, fête où l’on procède en public à l’excision des jeunes filles et à la circoncision. Batouala - René Maran - Premier roman nègre écrit par un nègre , en qui Léopold Sédar Senghor voyait un « précurseur de la négritude », récit d'une violence et d'une modernité extraordinaires, voici la complainte de Batouala, grand chef de tribu, vaillant chasseur et excellent marcheur. Batouala, pourra-t-il encore vivre heureux au bord du grand fleuve Nioubangui ? Et surtout, cette sourde rumeur qui répète que l'homme blanc accable l'homme noir et Le traite moins bien que son chien. Résumé de l'ouvrage Batouala, grand chef du pays banda, excellent guerrier et chef religieux est rattrapé par le temps. 6 mois après l'arrivée de Maran, ce dernier prend sa retraite et rentre à Bordeaux, laissant son fils seul pour subvenir aux besoins de sa famille. Ces peuplades, qui sont toutes encore foncièrement anthropophages oublient vite. Le Petit Parisien envoie à son tour Albert Londres en Afrique, celui-ci publiant à son retour en 1929 Terre d'ébène, ouvrage bien plus critique que celui de Gide. Il est le fils de Léon Herménegilde Maran et Marie Lagrandeur. La aussi, le style de Maran est attaqué : « La description des mœurs est souvent amusante, mais ne dépasse pas en mérite celle qu’on rencontre dans tant de récits de voyageurs qui n’ont jamais prétendu à l’honneur des lettres. Dans sa correspondance, il opère une distinction entre ses amis écrivains blancs et les colons qu'il côtoie aux colonies[4]. C'est donc un roman qui retransmet bien la réalité de la brousse et de ces petits villages où l'on fuit l'européen et ses moeurs étranges. Il a été formé dans les meilleurs lycées de France et est devenu fonctionnaire de l’administration coloniale. La colonisation de la zone se fait à la suite de la découverte du fleuve Oubangui par des explorateurs belges. Les personnages évoluent dans des villages ainsi que dans la brousse omniprésente. Résumé : Ce roman, écrit par un Antillais, René Maran (1887-1960), alors fonctionnaire au ministère des Colonies, déclencha un véritable scandale lors de sa publication. Prix Goncourt 1921. C'est finalement au moment de la chasse que Batouala se voit porter le coup fatal par la griffe d'une panthère. Le XXe siècle voit la question des conditions de vie des noirs devenir populaire. À ces conditions s ‘ajoutent l’espoir d’ascension sociale : la nomination de Blaise Diagne, député noir né au Sénégal et directeur de Cabinet de Clemenceau, pousse à l’engagement. Le représentant de l'État français et président du congrès est Blaise Diagne (1872-1934), député noir d'origine sénégalaise. Le récit suit ses considérations ordinaires, comme celle de savoir si se lever vaut la peine, mais présente aussi son point de vue personnel sur la colonisation, la coutume et la vie en général. Résumé. Le roman est nourri de références très détaillées sur les lieux précis de l'action que ce soit dans la préface ou dans le reste du livre. Le grand chef Batouala ne peut plus dormir comme avant dans la quiétude de ta haute brousse. Jessie Fausset, essayiste présente au congrès, rapporte l'impression générale quant à la position de Diagne. Aux États-Unis, la National Association for the Advancement of Colored People voit le jour en 1909, précédée par d'autres mouvements. La France le veult ! Si ce fait ne rend pas René Maran ambiguë quant à sa critique de la colonisation, il permet de comprendre à quel point celui ci se sent proche de ses pairs lettrés de France. Les blancs sont ainsi faits, que la joie de vivre disparaît des lieux où ils prennent quartiers. Un premier ensemble de critiques est relatif au supposé manque de qualités littéraires du roman. Finalement, le chapitre 13 suit la longue agonie de Batouala, implacable malgré tous les soins plus ou moins magiques apportés et au terme duquel est évoquée le partage de ses biens et de ses femmes. Batouala, nourri de l'expérience personnelle de l'auteur, prend place en Oubangui-Chari, l'une des quatre colonies relevant du Gouvernement Général de l'Afrique-Équatoriale française et dans laquelle René Maran a opéré en tant qu'administrateur colonial. Le paysage se compose de vallées, de grands fleuves ainsi que de différents monts. Il vous sera plus dur de lutter contre eux que contre des moulins. Dans quel pays d'Afrique se passe une aventure de Tintin ? Il s'agit de René Maran, écrivain d'origine Guyanaise, né en Martinique en 1887 (plus précisément dans le bateau qui conduisait ses parents vers l'île des Antilles françaises). Plus tard, il aurait fallu reprendre a pied d'œuvre tout ce qu'on a eu tant de peine a étayer au cours de longues années. Nous sommes en 1921. La lointaine rumeur immense se rapprochait peu à peu. Il trompe la solitude par l'étude et la poésie. Batouala est un roman de René Maran publié en mai 1921 aux éditions Albin Michel. Les critiques littéraires se montrent rapidement en désaccord avec le choix de l’académie, estimant que Maran ne mérite pas le prix. En 1894, afin de protéger sa santé fragile et de lui donner accès à une meilleure éducation, il est envoyé par son père en métropole, au Lycée de Talence, à Bordeaux. Le chapitre 9 présente Bissini'ngui en pleine réflexion nocturne sur le moyen d'assassiner son rival Batouala. Il reçoit la même année le prix Goncourt et, de fait, est le premier livre d'un écrivain noir à recevoir un prix littéraire prestigieux en France. René Maran nait à Fort-De-France le 5 décembre 1887. Le narrateur fait une présentation du personnage en insistant sur la <> et ses … Le chapitre 1 introduit le personnage de Batouala le mokoundji, à travers une scène de réveil matinal au côté de sa favorite Yassigui'ndja et développe longuement une description comique de son chien Djouma. Le 15 mai 1921, Maran signe avec Albin Michel le contrat d'édition de Batouala, tiré à 5 000 exemplaires[4]. Un an plus tard, le 11 novembre 1918, il écrit avoir relu Batouala « d'un bout à l'autre ». Sous-titré « véritable roman nègre », Batouala décrit et dénonce la colonisation en Oubangui-Chari (ancien nom de la République Centrafricaine). La France voit dans ce congrès une opportunité de défendre les bienfaits de sa mission civilisatrice et autorise sa tenue les 19 et 21 février 1919, à Paris. Les autres administrateurs ne partageant pas sa passion, Maran se coupe d'eux. Bien que fonctionnaire efficace et dévoué, il subit des injustices liées à sa couleur de peau. Batouala, grand chef du pays banda, excellent guerrier et chef religieux est rattrapé par le temps. Le chapitre se clôt sur une scène de tempête richement détaillée qui laisse place à la nuit et au calme sur un nouveau panorama. Celui ci décrit dans la préface le lieu exact de l'action au moment de l'écriture (avant les changements administratifs successifs dans les années suivantes). On apprend par la suite que Yassigui'ndja s'éprend de Bissini'ngui et doit le rencontrer mais celle ci le surprend avec une autre femme, décidant de repartir, elle est surprise par une panthère et ne doit son salut qu'à l'arrivée de Batouala et de son rival. prix goncourt   Maran oppose alors les négriers, les esclavagistes ou les français recourant au travail forcé contre les bons français, ses "frères de France, écrivains de tous les partis" dans lesquels il a foi en foi en leur générosité. Celui ci est alors en poste en Afrique subsaharienne. » D’autres critiques ont trouvé paradoxal que le Goncourt récompense un produit de l’acculturation et de la mission civilisatrice attaquant cette même mission. Il s'attend à amener la civilisation aux colonisés et n'imagine pas encore les difficultés que sa couleur de peau va entraîner. ». Il y aurait beaucoup d’éléments à analyser dans Batouala, gran… La réception du Goncourt par Maran est donc plus due à un climat politique, culturel et intellectuel déclenché par la Conférence Pan-Africaine. Il vous sera plus dur de lutter contre eux que contre des moulins. Batouala est le premier roman «nègre» écrit par un «nègre». La négritude est un mouvement intellectuel apparu dans l'entre deux guerre et lié à la prise de conscience ainsi qu'à la fierté exprimée d’une identité des peuples noirs. Le chapitre 10 voit Batouala, complètement ivre, livrer ses secrets sur les mythes bandas à son rival, non sans quelques menaces. [14] Celui ci considère Maran comme un précurseur de la négritude lorsqu'il rédige l'article "René Maran précurseur de la Négritude" en 1964 à la demande de Présence Africaine et de la veuve de l'auteur de Batouala, Camille Maran[15]. Hélas!"[16]. L’année 1915 le voit retrouver un rythme de travail solide. La France emploie des troupes africaines depuis la fin du XIXe siècle. Ces mouvements, menés par des intellectuels tels W. E. B. Cette ambiguïté se retrouve aussi dans sa critique particulière de la colonisation. Trop haut est le ciel dont semble l’azur incolore à force de lumière ! National Association for the Advancement of Colored People, Manoël Gahisto, Hommage à René Maran et Présence Africaine 1965, https://scholarworks.umass.edu/cibs/vol4/iss1/4, Œuvre littéraire se déroulant en République centrafricaine, La préface évoque la réalisation du roman, le contexte de celui-ci et critique de manière acerbe les excès du colonialisme en. À la lumière de ces critiques, il est possible de voir où se situe le mérite de Batouala. Le chapitre 5 voit se réunir tous les villages de la région pour la fête des « Ga'nzas », s'ensuit de longues palabres sur l'exploitation coloniale et le mépris des blancs à leur encontre. À la suite de cette blessure, Batouala agonise longuement et est témoin de la dilapidation de ses biens ainsi que du départ de ses femmes, dont sa favorite fuyant avec Bissibi'ngui[1]. Le roman commence par le réveil du grand chef du village de Grimari, le moukoundji Batouala. Au terme de tensions consécutives à la mort du père de Batouala lors de la fête des « Ga'nzas », Yassigui'ndja se voit attribuer la mort de celui-ci, hâtant ainsi le projet d'assassinat que Bissibi'ngui nourrit à l'encontre de son rival. Le chapitre 12 décrit la scène de chasse, les bienfaits du feu et les différents rôle des chasseurs. littérature africaine   L’objectif est alors de décrire la vie quotidienne d’un chef de tribu dans un « style exact et minutieux. Au terme de tensions suite à la … Ainsi, dans une autre lettre adressée à Gahisto, Maran écrit : "Je suis un délicat, un rêveur, un sentimental. Il ne s’agira même plus de leur faire parler "petit nègre", mais wolof, malinké, ewondo en français[14] ». le 13 juillet 1917, il écrit à Gahisto qu'il lui enverra le manuscrit une fois les trois derniers chapitres finalisés. Ajoutez-le à votre liste de souhaits ou abonnez-vous à l'auteur René Maran - Furet du Nord Batouala, grand chef du pays banda, excellent guerrier et chef religieux est rattrapé par le temps. Il y vérifie et confirme les assertions de Maran. La conscription prive les colonies d’hommes jeunes en âge de travailler et de payer des taxes. Alors qu'il est responsable d'une importante cérémonie, il doit dorénavant se méfier d'un concurrent amoureux en la personne du fougueux Bissibi'ngui qui cherche à séduire sa favorite, Yassigui'ndja. Le grand chef s'éteint sur des dernières paroles blâmant les blancs et leur travail forcé pendant que Bissini'ngui et Yassigui'ndja s'unissent dans des étreintes amoureuses avant de s'enfuir dans la nuit. Dans une lettre datée du 11 mai 1917 adressée à Léon Bocquet, il estime avoir « presque fini de mettre au point ce fameux Batouala[4] ». Livraison chez vous ou en magasin et - 5% sur tous les livres. Nous n’avions pas fini de bâtir nos cases et de défricher les terrains convenant à nos plantations, que ces maudits blancs étaient déjà sur nous. D’autres critiques estiment que pareil prix littéraire ne devrait pas être donné à un ouvrage critiquant, dans sa préface ainsi que dans deux chapitres, la politique coloniale française en Afrique subsaharienne. Ce fait s’ajoutant au retour des premiers combattants et corps mutilés, des révoltes éclatent et certains fuient vers des territoires hors de l’autorité française. À l'œuvre donc, et sans plus attendre. L'écriture est sa seule passion, compromise par les contraintes de sa vie de famille. Paris ne pouvait pour tant ignorer que « Batouala » n'avait fait qu'effleurer une vérité qu'on n'a jamais tenue à connaître à fond. nouvelles   Le chapitre 3 présente plus en avant le personnage de Yassigui'ndja et présente la situation amoureuse de Batouala qui vie en plus avec 8 autres compagnes. Ce dernier est présent pour éviter la montée d'une critique radicale des empires coloniaux, en particulier du Congo belge[12]. L'usage de célébrations pour valoriser l'empire et sa mission civilisatrice ne s'arrête pas au congrès Pan-Africain : il est réitéré en 1922, à l'exposition coloniale de Marseille ainsi, on l'aura compris, que le 15 décembre 1921. Batouala y assiste en compagnie de son rival, tous deux mûrissent des plans de vengeance et sont conscients de la réciprocité de leurs desseins. Le 17 novembre 1909, il est engagé comme commis de 4e classe des affaires indigènes en Oubangui-Chari, portion du Congo français. Le 8 septembre, on lui propose un poste provisoire de commissaire de police, lui permettant de s'exercer au maintien de l'ordre. Magnifique, les débuts de la négritude, la préface vaut elle aussi son pesant d'or.... Guerre et sauvagerie étaient tout un. Fiche de Lecture : René Maran, Batouala, 1921, Paris, Albin Michel. Mais dès 1914, Maran est ralenti par une charge de travail supplémentaire et une dépression. Alors qu'il suit un sentier, celui-ci use de sa capacité à lire la brousse pour trouver son chemin et tombe nez à nez avec Batouala, sa mère et son chien. Deux éléments en particulier : la forte implication des troupes noires dans la Première Guerre mondiale et l’implication de la France dans l’organisation du premier Congrès panafricain. Introduction Rien que la note de Senghor peut décider un lecteur à lire et aimer le livre de René Maran. Elle m'a valu bien des injures. Le résumé de l'oeuvre<< BATOUALA >> de Rene Maran chapitre par chapitre. La cérémonie voit son apogée atteinte avec la. L'auteur de "Batouala" a été oublié pendant plusieurs décennies. Premier roman de son auteur, Batouala est écrit dans un style naturaliste et expose les mœurs et traditions d'une tribu noire d'Oubangui-Chari, dirigée par Batouala. Le chapitre 4 prend place trois jours avant la fête, au cours d'une joute verbale, Yassigui'ndja s'attaque à sa rivale I'ndouvoura au sujet de Bissini'ngui. C’est alors que, la mort dans l’âme, découragés, fatigués, désespérés – nous avions perdu tant de nos frères, au cours de nos migrations belliqueuses – c’est alors que nous restâmes où nous étions et que nous nous efforçâmes de faire aux « boundjous » bonne figure. Le chapitre 6 décrit la fête rituelle des « Ga'nzas » qui permet aux garçons et filles de marquer le passage à l'âge adulte. Jaloux attaque le style de Maran, qualifié de « naturalisme puéril[8] » et estime que l’académie Goncourt l’a choisi pour son sujet exotique plus que pour sa manière de l’aborder, celle-ci n’ayant rien de nouveau[7]. Il estime néanmoins qu’un mois de vacances en métropole lui suffirait pour achever Batouala. – Notre soumission, reprit Batouala, dont la voix allait s’enfiévrant, notre soumission ne nous a pas mérité leur bienveillance. Après eux, plusieurs autres reporters sont envoyés pour vérifier leurs dires. Un petit poème de son ami Philéas Lebesgue : Dix-sept ans ont passé depuis que j'ai écrit cette préface. Le 11 décembre, il s’attaque au troisième chapitre. Le chapitre 8 développe le personnage de Bissini'ngui à travers l'épisode d'une rencontre avec Yassigui'ndja. Votre tâche est belle. La colonisation du territoire s'appuie à l'origine sur le thème de la mission civilisatrice avec une volonté affichée par la France de lutter contre l'esclavage puisque la zone est intégrée au circuit de la traite Atlantique depuis le XVIIIe siècle[3]. traditions   Jusqu’en novembre 1913, l’écriture avance bon train, Maran affirme qu’il n’a « pas perdu son temps ». Batouala is a small village in Gabon halfway along the dirt road from Makokou to Mékambo, in the north-eastern province of Ogooué-Ivindo. ». Résumé Outre-atlantique, la réception de René Maran durant la Renaissance Nègre est ambiguë: Batouala est célébré davantage en raison de la pigmentation de son auteur, et pour des motifs stratégiques, qu’en raison de son esthétique naturaliste; quant à son influence poli- Jaloux décrit le roman comme « une série de peintures de mœurs que termine un accident[7]. Lisez « Batouala » de René Maran disponible chez Rakuten Kobo. Premier roman nègre écrit par un nègre, en qui Léopold Sédar Senghor voyait un « précurseur de la négritude », récit d'une violence et d'une modernité extraordinaires, voici la complainte de Batouala, grand chef de tribu, vaillant chasseur et excellent marcheur. Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures, Je n'avais jamais lu de littérature africaine avant ". Résumé : Premier roman nègre écrit par un nègre, en qui Léopold Sédar Senghor voyait un " précurseur de la négritude ", récit d'une violence et d'une modernité extraordinaires, voici la complainte de Batouala, grand chef de tribu, vaillant chasseur et excellent marcheur. Il publie dans La Revue de Paris des articles concernant les conditions de vies des colonisés. "Batouala" est le premier roman "nègre" écrit par un "nègre". littérature française   Batouala, souvent considéré comme le premier roman de la Négritude, a valu à son auteur martiniquais, René Maran, le prix Goncourt en 1921. littérature guyanaise   En effet, Maran cherche à y décrire la vie africaine sans exotisme tout en ayant pour personnage principal un chef noir[13]. Après des études de droit à Bordeaux, il quitte la métropole pour les colonies. Batouala est le premier roman " nègre " écrit par un " nègre ". Le 18 juillet 1905, il obtient son baccalauréat lettres-latin avec la mention passable[4]. Il va même plus loin puisqu'il défend la justesse du maintien des colons sur place lors du début de la première guerre mondiale et déclare que : "L'abandon momentané de la colonie aurait produit les plus fâcheux effets sur les indigènes. afrique centrale   ». En réaction à ce jet, la panthère blesse au ventre Batouala d'un coup de patte et s'enfuit. racisme   Je ne pourrai donc jamais comprendre ni jamais aimer la femme indigène, inerte et simple réceptacle de spasmes désenchantés. En plein massacre, une panthère surgit, se jetant de côté pour éviter la bête, Bissini'ngui évite de justesse la sagaie que Batouala lui avait lancé. Enfin, malgré sa volonté d'authenticité, Maran opère à travers Batouala un certain mépris pour les coutumes locales qu'il désacralise par un regard extérieur et profondément européen, regard caractéristique de l'auteur qui renvoie à toute l’ambiguïté de la personne. EN SAVOIR PLUS Résumé. le 23 janvier 1910, Maran est titularisé et promu à une classe supérieure. C'est dénué de toute logique partisane que Maran part pour la colonie. antilles   Le chapitre se clos sur un panoramique nocturne après l'introduction du rival de Batouala, Bissini'ngui. Cette opportunité permet au gouvernement de montrer sa bonne volonté tout en contrôlant les débats. Nous sommes en 1921. S'ensuit une longue discussion où l'on apprend que cette dernière se voit attribuée la mort du père de Batouala et se sent donc en danger de mort. Son auteur, un fonctionnaire antillais du ministère des Colonies, soulève, en 1921, un vent de scandale ; et pourtant, cette même année, il … Pour ce faire, il veut organiser une conférence Pan-Africaine, celle ci devant se tenir le même jour que la conférence de paix de Paris. civilisation   Plongez-vous dans le livre Batouala de René Maran au format Poche. Il quitte la Martinique à 3 ans pour le Gabon, son père y ayant été appelé pour y occuper un poste d'administrateur colonial. Sa naissance est déclarée à Fort-de-France le 8 novembre 1887. En conséquence, je ne peux et ne dois songer a me marier qu'avec une Européenne."[18]. La solitude le plonge dans une grande détresse psychologique, dont il parvient à sortir en rédigeant des poèmes nostalgiques de sa vie au lycée de Talence, à Bordeaux. Les besoins de sa mère et ses deux frères l'oblige à limiter ses achats de livres. Les colonies africaines servent donc à la France de réserve en hommes[11]. français   Et ceux qui protestaient, on leur passait la corde au cou, on les chicottait, on les jetait en prison ! Le travail entrepris est ardu : Maran s’astreint à un naturalisme rigoureux, tout désireux qu’il est de représenter le réel. Henry Bidou est de ceux la. Cet état d'esprit le conduit à l'écriture de "Batouala". Le déroulement de la journée continue avec un dialogue entre d'autres villages par tam-tams interposés au sujet de l'organisation de la fête des « Ga'nzas ». Ce texte s’intéresse aux différents usages du mot « nègre » publicisés après l’attribution du Goncourt au roman de René Maran, Batouala (1921). Dans une lettre de mars 1915 à son ami Manoel Gahisto, Maran décrit l’avancée du roman : « Tous les chapitres étant esquissés, j’essaie de m’inviter au travail. Nous sommes en 1921. Sa rédaction dure près de cinq ans. En poste à Fort-Crampel, en Oubangui-Chari, il trompe l'ennui et la dépression en avançant dans son ouvrage. Cette compétence est essentielle aux fonctionnaires coloniaux. Ce mouvement apparaît dans un contexte ou ces peuples dans leur diversité sont niés par le colonialisme qui assimile toutes cultures considérées comme noires à de la sauvagerie et à de l’archaïsme. L'Oubangui-Chari devient une colonie en 1906 et est intégrée à l'Afrique-Équatoriale française en 1910[3]. Une pétition pour les droits des noirs doit être remise aux membres de cette dernière. négritude   en relation Cette position constitue plus une défense de l’humanisme colonial que d’une attaque formelle contre Batouala. le 17 octobre, il les retravaille encore. Par ailleurs, on peut considérer que l'intérêt de Senghor pour René Maran est moins dû à son œuvre littéraire qu'à son parcours comme écrivain noir, ayant réussi à s’imposer dans le milieu littéraire et intellectuel français des années trente à travers son prix Goncourt[15]. Batouala reçoit le prix Goncourt dans un contexte français favorable aux mouvements noirs. Cette politique a des effets pernicieux sur place. La zone est peuplée de l'ethnie Banda[1], victime de travaux forcés dans le cadre du régime des compagnies concessionnaires (17 entreprises disposent de 50% de l'Oubangui-Chari, qui reste possédé par l'État) pour l'exploitation de l'hévéa par exemple. La France recrute près de 7% de ses troupes dans ses colonies. Il a de celles ci une image positive, transmise en partie par son père. Celle-ci promet alors fidélité à Bissini'ngui, lui demandant de fuir avec elle mais celui-ci lui propose d'attendre la fin des chasses, Bissini'ngui nourrissant le projet de rejoindre la milice à Bangui. Batouala prend place dans la circonscription (équivalent d'un département) de la Kémo (dont le chef-lieu, Fort-Sibut ou Krébédjé est situé à environ 190 km au Nord de Bangui) et plus précisément, dans la subdivision (équivalent à une sous-préfecture) de Grimari (située à 120 km environ à l'Est de Fort-Sibut)[1]. Celle-ci débute le 3 novembre 1912, date connue par une lettre de Maran à un ami éditeur[5]. Le chapitre 2 présente la scène de la matinée ou partage des tâches se fait entre Batouala et Yassigui'ndja. La fin de la guerre lui laisse le champ libre pour achever son roman, chose faite en 1920[4]. C’est l’histoire de Batouala, on s’en doute bien, puissant chef d’un village au cœur de la brousse africaine, et un leader, mokoundji, du pays banda. La conception de Batouala connait une inflexion entre 1914 et 1916. Entre la pipe matinale, la chasse, les honneurs à rendre à son épouse et à ses autres femmes, rivales, Batouala nous conte la vie, son quotidien, les fêtes oniriques de la tribu, les moeurs de passage de l'enfance à l'âge adulte. À l'œuvre donc, et sans plus attendre. C'est ainsi que Batouala va mener la chasse à un jeune guerrier, dont toutes les femmes raffolent, dont l'une des siennes qu'il vient visiter dès qu'il a le dos tourné. Il devient … Le roman est composé d'une préface et de treize chapitres : Le roman se déroule en Oubangui-Chari (actuelle République centrafricaine), en pays Banda dans la subdivision de Grimari, entre les hauteurs (Kagas) que sont le Kaga Kosségamba, le kaga Gobo et le kaga Biga.